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L’économie peut-elle être bleue ?  Oui, elle peut même être rouge ou verte.

http://1dexphoto.fr/photos-1Dexphoto/original/2013_04/photo-hongrie-pollution-boue-toxique-rouge-009-1Dexphoto.fr_.jpgL’économie dite rouge est celle que nous connaissons tous, l’économie en cours dans notre monde. On la décrit comme « rouge » car elle favorise les crises financières, la spéculation, le chômage, la pollution.

L’économie verte correspond à l’économie écologique et au concept de développement durable, c’est-à-dire aux activités économiques contribuant à protéger, réparer ou à diminuer les atteintes à l’environnement. L’économie verte a pour objectif de satisfaire les besoins de la population mondiale sans porter atteinte à la http://www.montbard.com/images/les-formation-au-developpement-durable-1.jpgplanète. Ses principaux inconvénients seraient son coût élevé pour ses bénéficiaires, son besoin de subventions publiques, son manque de résultats positifs avérés. En somme, son modèle économique ne serait ni rentable ni complètement applicable.

L’économie bleue est un concept récent. En 2011, lors de la préparation du Sommet Rio+20, des Etats maritimes ont souligné l’importance de la préservation des espèces et des océans. A ce titre, les représentants des pays ont parlé d’économie bleue, bleue comme les océans (citons ici le catastrophique 7ème continent). L’économie bleue comprend certes la gestion des océans mais va bien au-delà.

L’économie bleue a une approche globale, systémique. L’économie bleue respecte les écosystèmes, contribue à leur régénération, tout en procurant à tous les êtres vivants et pas seulement les êtres humains ce dont ils ont besoin. L’économie bleue n’est pas une économie opposée à la mondialisation. L’économie bleue propose d’utiliser ce qui est disponible dans les écosystèmes existants sans les épuiser ni les abîmer. L’économie bleue s’appuie sur de nouveaux modèles économiques, les business plans, et sur les innovations http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/Images_Produits/FR/fnac.com/Visual_Principal_340/1/5/2/9782953560251.jpgtechnologiques. L’innovation doit par exemple permettre de supprimer l’usage des énergies fossiles. L’économie bleue propose également de redécouvrir l’approvisionnement local, en fonction de l’environnement et des saisons.

Selon Gunter Pauli, cent innovations rentables pourraient changer le modèle économique actuel en respectant les écosystèmes et en créant près de 100 millions d’emplois dans le monde. Gunter Pauli, né en 1956 aux Pays-Bas, titulaire d’un diplôme d’économie de l’Université de Chicago et d’un MBA de l’Insead (Ecole privée de Management), est le fer de lance de l’économie bleue. Gunter Pauli est le dirigeant de la fondation ZERI (Zero Emissions Research and Initiatives), réseau mondial de mise en commun de solutions créatives aux problèmes de la planète, créée en 2001. L’idée centrale est de permettre de satisfaire les besoins avec ce qui est disponible localement. Dans un entretien accordé au journal Libération en décembre 2012, Gunter Pauli expliquait que l’économie bleue se fondait sur une Nature abondante et créative. Gunter Pauli illustrait sa démarche et ses solutions par plusieurs exemples dont celui de l’entreprise Marethix à Caen proposant aux marins pêcheurs un catamaran solaire et éolien permettant de mieux rentabiliser la pêche et donc d’éviter la surpêche. De même au Bhoutan, les agriculteurs spécialisés dans le sarrazin n’étaient pas concurrentiels face aux prix pratiqués par l’Ukraine. Gunter Pauli a alors proposé de vendre l’extrait de malt aux brasseries japonaises et de garder le reste de la production pour nourrir le bétail local. Ainsi les agriculteurs bhoutanais ont pu passer de 2 000 $ à 4 000 $ la tonne.

L’approche promue par Gunter Pauli et sa fondation ZERI consiste à évaluer une situation dans son ensemble et non pas à segmenter les problèmes ou les informations.

La démarche de l’économie bleue commence à intéresser les Etats. Fin 2012, à l’instar du Bhoutan, l’Indonésie a inscrit l’économie bleue comme axe de développement. Le huitième congrès international pour "Zéro émissions" a eu lieu fin avril à Madrid. D'autres rendez-vous concernant l'économie bleue se tiendront en 2013 au Japon et en Europe (Italie, France, Belgique et Bulgarie).

Marie-Laure Tena – 16 mai 2013

Sources : Alternatives-economiques.fr – Caillade.com – Effiworld.fr – Conference-rio2012.gouv.fr – Reporterre.net – Tweet de Corinne Lepage mai 2013 – theblueeconomy.org – Liberation.fr

 

 

Tag(s) : #économie bleue, #Gunter Pauli, #MLTE, #culture générale

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