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Le livre 

annonce-marie-legende-doree.jpgLa légende dorée ou Legenda Sancta, vie des douze Apôtres, 93 pages, est parue au XIIIème siècle. La version présentée dans cet article est parue dans la collection Librio, Textes sacrés, en octobre 2012. Le mot « légende » issu du latin « legenda » signifie à l’origine « chose à lire, sujet de lecture » puis désigna aux XIIème et XIIIème siècles la lecture de la vie des Saints pendant les offices religieux. La légende dorée est une somme de plus de 270 chapitres récapitulant la vie des Saints et des Apôtres présents dans le calendrier liturgique catholique. Ici, seule la partie consacrée aux Apôtres vous sera présentée, soit onze chapitres, puisque le dernier chapitre relate la vie de deux apôtres. Le mot "apôtre", issu du grec "apostolos" pour dire "envoyé de Dieu" désigne un disciple de Jésus. La légende dorée est considérée comme un classique de la littérature chrétienne populaire médiévale.

L’auteur

voragine.jpgJacques de Varazze dit Jacques de Voragine a vécu au XIIIème siècle. Il était ecclésiastique, Archevêque de la ville de Gênes, en Italie. Jacques de Voragine fut connu pour ses commentaires sur les ouvrages de Saint Augustin et pour la rédaction de La légende dorée qui se voulait une tentative de rendre accessible la vie des Saints et des Apôtres au grand public. Jacques de Voragine tenta également par cette œuvre d’expliquer aux croyants la raison des fêtes liturgiques grâce à un style romancé et simple.

Lors de cette compilation et de la rédaction de la Légende dorée, Jacques de Voragine étudia les œuvres des pères de l’Eglise catholique, de Saint Augustin, de Saint Jérôme, mais aussi des textes plus populaires ou laïcs ou encore historiques comme les écrits de Flavius Josèphe. C’est ainsi que Jacques de Voragine reconstitua ce qui est considéré comme la vie des douze Apôtres de Jésus-Christ.

Le contenu

Onze chapitres relatent la vie des douze Apôtres de Jésus : André, Thomas, Jean, Matthias, Philippe, Jacques voyage-paul.jpgle Mineur, Pierre, Jacques le Majeur, Barthélémy, Matthieu, Simon et Jude. La vie de ces Apôtres est l’occasion pour Jacques de Voragine d’esquisser la vie de Jésus, d’évoquer la vie et la fin de Judas Iscariote, et surtout de situer les Apôtres les uns par rapport aux autres. Le premier portrait est celui de l’Apôtre André, effectivement teinté de merveilleux. Puis les autres portraits sont plus incisifs, déroulant une série de miracles, de résurrections, de reliques miraculeuses, de contradicteurs envoyés au devant des apôtres pour les humilier, les mettre à mort. Mais la situation se retourne souvent en faveur des envoyés de Dieu et quand ce n’est pas le cas, les Apôtres acceptent d’aller au devant du Christ, donc de mourir souvent dans d'atroces souffrances. Jacques de Voragine donne également son opinion au sujet de la véracité de telle ou telle information et interpelle le lecteur à l'occasion.

avisMon avis

Le mot « légende » me fait rêver et j’espérais être transportée dans un monde merveilleux et magique. Mais Jacques de Voragine ne cherchait pas à faire du sensationnel même si de nombreux conflits et parfois des situations de mises à mort sont décrits. Jacques de Voragine cherchait à ce que ces récits soient pris au sérieux. Les récits font état de nombreux miracles de guérison, de conviction ou de défense face à des adversaires dangereux et déterminés, comme des magiciens ou des prêtres d'autres cultes.

Grâce à cet ouvrage, j’ai compris d’où venait la légende, c’est ici le cas de le dire, de la mort de Pierre, crucifié comme le Christ mais à l’envers, la tête en bas. J’en profite pour préciser que le symbole d’une croix inversée est en général considéré comme un symbole de rituel satanique. C’est aussi l’occasion de découvrir que les Apôtres, avec leurs faibles moyens, ont parcouru tout le pourtour méditerranéen, Egypte, Syrie, future Turquie, Grèce, Italie, ... mais sont aussi allés en Ethiopie et en Asie Mineure. Dans cette liste d’apôtres n’apparaissent pas Paul, Marc ni Luc. Pourtant, Marc et Luc sont deux évangélistes, deux rédacteurs d’évangile rapportant la vie de Jésus. Luc aurait également écrit le livre des Actes. Paul, quant à lui, a été l’auteur de lettres ou épîtres célèbres adressées à des églises de la Méditerranée. Mais les trois hommes ne sont pas des compagnons de Jésus et viendront après la Crucifixion et la Pentecôte (descente de l’Esprit Saint sur les apôtres) accomplir leurs missions.

Une chose est sûre, La légende dorée nous permet de comprendre que l’expression « judéo-chrétienne » est galvaudée, simpliste et bien loin d’une réalité géographique et religieuse avérée, cette fois, puisque de nombreuses églises ont essaimé dès les premiers âges du christianisme en Méditerranée et en Orient avant de s’étendre en Europe. Les apôtres vivaient dans un monde cosmopolite où toutes les religions et les philosophies se croisaient et s’influençaient mutuellement. Je rappellerai que Saint Augustin, né en Algérie au IVème siècle, fut d’abord tenté par différentes philosophies, platonicienne entre autres, avant de se convertir et de devenir un des grands noms de l’Eglise. Je vous suggère à ce propos de lire «Les confessions » de Saint Augustin qui sont d’une grande sincérité dévoilant un monde où le brassage d’idées et de cultures était déjà la norme.

Marie-Laure Tena – 10 décembre 2012

 

Schema des voyages de l'Apôtre Paul : site 7eevangile.com

Tag(s) : #La légende dorée, #Jaques de Voragine, #apôtres, #littérature chrétienne, #lecture

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