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gueantletchimy.jpgLes médias ne cessent d’évoquer et de revenir sur les « dérapages » verbaux de nos personnalités politiques ou médiatiques. Dans ce contexte, le mot « dérapage » indique que la personnalité politique est allée trop loin, a émis une idée politiquement incorrecte, a insulté une personne ou une institution. Le dérapage est alors un manque de contrôle, un manque de maîtrise des idées et surtout de l’expression verbale, dans une société où il est historiquement ou moralement défini ce qu’il faut dire ou penser ou apprendre. Le dérapage ne peut se faire que par rapport à une ligne tracée, à un comportement ou à un langage déterminé par les codes sociaux. 

Dernièrement, on évoquera la notion de « civilisations » revue par Claude Guéant, Ministre de l’Intérieur, et le rappel du régime « nazi» par le Député apparenté Parti Socialiste, Serge Letchimy.

Le mot « dérapage » vient du verbe « déraper » signifiant dans le langage courant un glissement incontrôlé. Le verbe « déraper » est issu de l’ancien provençal « derrabar »  lui-même issu de « rapar » voulant dire « arracher ou déraciner ». Le mot provençal viendrait de germanique « rapôn » pour «arracher, enlever ».

Mais initialement et dans la Marine, le verbe « déraper » et le substantif « dérapage » indiquent que l’ancre d’un navire se lève, a quitté le fond. Déraper, c’est alors relever l’ancre ou le dernier grappin. C’est partir, appareiller et quitter le port.

Les dérapages verbaux sont-ils des navires en perdition ? Ces dérapages ont-ils quitté les côtes surveillées du langage pour s’aventurer dans les mers hostiles et mouvementées de la controverse ?

Marie-Laure Tena – 7 février 2012

Tag(s) : #culture générale

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