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Le 10 mai est la journée internationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage. L’abolition équivaut, est égale, à la suppression, à l’anéantissement d’une loi ou d’une pratique officielle. Le mot « abolition » vient du latin « abolitio » dont le sens initial signifiait « suppression d’un délit », « remise de peine », « faire grâce ». Peu à peu le mot « abolition » a pris son sens moderne de « suppression ». Le mot « esclavage » est tiré du nom commun « esclave » lui-même issu du latin « sclavus » dont l’origine remonte au mot slavon, langue d’Europe de l’Est, « sloveninu ». Pendant la période du Haut Moyen-âge (du Vème au XIIIème siècle), de nombreux slaves ont été faits prisonniers et réduits en esclavage, ce qui explique que le mot « slave » ait donné « esclave ».

L’abolition de l’esclavage a connu plusieurs étapes dans le monde et en France. Lors de la Révolution française, l’esclavage est aboli mais, d’après les historiens, davantage pour calmer les révoltes d’esclaves que pour répondre à une démarche humaniste et politique. En 1802, Napoléon rétablit l’esclavage et il faudra attendre 1848 pour voir l’abolition définitive de l’esclavage sur le territoire français (métropole et outre-mer). En revanche, la Grande-Bretagne, sous la pression de groupes humanistes ou religieux, abolira l’esclavage dès 1833.

Février 1848 est marqué, en France, par des  journées révolutionnaires qui aboutiront à la fin de la Monarchie de Juillet et au début de la IIème République. C'est ce moment que choisiront les abolitionnistes pour faire passer le décret abolissant l’esclavage. Victor Schœlcher, sous la tutelle de François Arago, fera passer ce décret historique, contre l’avis des planteurs. Victor Schœlcher est un élu de la République, député de 1848 à 1871 de la Martinique et de la Guadeloupe puis député de la Martinique en 1871. Quatre ans plus tard, il devient sénateur.

Je voudrais ajouter un paragraphe sur cette journée commémorative. En effet, l’esclavage reste plus que jamais d’actualité. Si la mondialisation a favorisé le flux des informations, des finances et des marchandises, elle a aussi été un tremplin pour le marché d’esclaves ! Ainsi, Lydia Cacho, journaliste mexicaine et collaboratrice du Fonds de développement des Nations Unis pour la Femme, a déclaré, après enquêtes et études, que si la traite négrière du passé avait déporté 20 millions de personnes en quatre siècles, c’est 40 millions de personnes qui ont été déportées en une dizaine d’années, dans le cadre de trafics d’esclaves. Plus d’un million d’enfants et de femmes sont vendus et rachetés chaque année dans le monde, dont 79 % sont dirigés vers la traite sexuelle. D’après la journaliste, l’Union européenne serait un des terminaux de cette traite mondiale avec l’axe méditerranéen. Naturellement, les pays de l’Est et de l’ex-Yougoslavie, qui se sont ouverts avec l’effondrement du Bloc de l’Est et l’ouverture des frontières, sont parmi les pays fournisseurs de personnes déportées. Les solutions à l’esclavage contemporain ne sont pas faciles mais une des politiques à mettre en œuvre ou à renforcer est l’aide aux victimes.

Pour ceux qui le souhaitent, je peux leur transmettre par mail le document de l'ESC Grenoble sur l'esclavage contemporain (4 pages).

 Marie-Laure Tena – 10 mai 2012

Sources : Herodote.net – Encyclopédie – Senat.fr – Note hebdomadaire d’analyse géopolitique de l’ESC Grenoble (janvier 2011)

 

Tag(s) : #Esclavage, #abolition esclavage, #esclavage contemporain, #culture générale

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