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L’affaire du faux espionnage industriel chez le constructeur automobile Renault ne cesse de faire la une de l’actualité économique. Je voudrais en profiter pour évoquer avec vous le mot « espionnage » et la notion d’ « intelligence économique ».

 

Le mot «espionnage » désigne toute activité secrète et illégale destinée à épier une personne, une organisation, un pays pour en découvrir ses secrets, en dérober des dossiers, des papiers, courriers, dessins, photos, etc. afin de prendre l’avantage sur cette personne, cette organisation ou ce pays.

 

Le mot «espionnage » est issu du mot « espion » qui vient de deux sources : de l’ancien français « espier » et de l’italien «spione » voulant déjà dire espion, lui-même issu de « spiare » c’est-à-dire « épier ». Epier signifie : observer avec attention quelqu’un ou quelque chose à son insu.

 

L’intelligence économique est un concept créé au XXe siècle pour désigner la collecte d’informations, de manière légale en général, et la recherche et le traitement d’informations, afin de maintenir ou de développer des avantages économiques et stratégiques par rapport à des concurrents ou à des ennemis.

 

L’intelligence économique regroupe les activités de :

 

- collecte et analyse des informations économiques et stratégiques (veille, recherche, documentation, benchmarking, autrement dit évaluation des méthodes et produits de la concurrence, ...).

- élaboration de stratégies, mise en œuvre de projets

- gestion des risques

- simulation de jeux de guerre économique

- animation de réseaux sociaux et réseaux d’influence

- échange de pratiques et de savoirs, etc.

 

L’intelligence économique devient un enjeu important et le gouvernement français comme les sociétés se forment et développent des outils dans ce domaine. L’école de guerre économique, créée en 1997 à Paris, prépare les cadres, décideurs économiques ou politiques à acquérir et développer des méthodes leur permettant de mettre en place des outils de politique d’influence, de collecte et d’analyse des données. L'école de guerre économique enseigne également des méthodes pour se prémunir contre l'espionnage interne ou externe, sachant que 78 % des malveillances ou opérations d'espionnage et transmission d'informations à la concurrence proviennent de l'intérieur des organisations.

 

L’intelligence économique doit permettre aux décideurs d’anticiper les évolutions technologiques, de devancer ou de mieux comprendre les avancés de leurs adversaires, de cartographier les réseaux, de repérer les failles de leurs concurrents ou de devenir leader dans un domaine en imposant leurs choix stratégiques par une politique d’influence et d’innovation.

 

L’armée et la diplomatie utilisent également ce concept d’intelligence économique, en particulier les opérations d'influence, afin de développer des collaborations ou de renforcer des coopérations dans des contextes souvent délicats ou hostiles, comme par exemple l’Armée française en Afghanistan*.

 

Marie-Laure Tena – 13 avril 2011

 

* "Hyper influence, la guerre des perceptions et des volontés : Le "laboratoire afghan" par le Lieutenant-Colonel Frédéric Bonini. 

Tag(s) : #actualités

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