Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

DSCF1287

Samedi 31 juillet, avant-dernier jour du Festival "Textes en l'air".

J'ai assisté à l'atelier animé par Franck Lepage, que j'ai évoqué lors d'un précédent article (21 juillet) : désintoxication à la langue de bois. Franck Lepage semble proposer systématiquement un atelier de décodage après la "conférence gesticulée".

Nous étions une quarantaine, assis sous les arbres, dans un air encore frais, à nous amuser, nous étonner mais surtout à nous régaler des échanges que nous avons eus avec l'intervenant. Et quelle diversité de points de vue ou d'expériences parmi les personnes présentes ! 

Nous avons abordé, à travers une multitude de thèmes (l'art contemporain, l'économie, le social, ..) différents exercices de style, utilisés dans la langue de bois :  

l'euphémisme, qui masque les hiérarchies et les réalités : plan social

Le valorisateur qui supprime ou estompe la violence sociale : le technicien de surface

l'hyperbole, l'exagération : privilèges acquis au lieu de droits acquis

l'oxymore, l'association de contraires : développement durable (un développement ne peut être durable, c'est un mouvement), flexisécurité

les faux ennemis : les charges sociales

le pléonasme : démocratie participative, etc.

Franck Lepage nous a ensuite proposé des exercices, des mises en rédaction de la langue de bois destinées à nous sensibiliser sur ce langage utilisé par les politiques, les journalistes, les institutions : rédaction d'une non demande de subvention, lettre d'amour en langue de bois et traduite ensuite, redéfinition de sigles, etc.  fl2

Cet atelier nous a amenés à nous demander si la langue de bois était un langage qui cache, recouvre, altère ou  valorise la réalité ? Ou encore une langue qui modifie les consciences, la représentation du monde, pour le plus grand profit des maîtres du monde actuel ? Quelle que soit  la lecture que l'on en fait, politique ou pratique, administrative ou subversive, ce mode de communication ne laisse pas indifférent.

flepageJ'ai eu beaucoup de plaisir à assister à cet atelier, même si je n'ai pas toujours partagé les convictions militantes de Franck Lepage (mais tellement intéressantes et captivantes). J'ai découvert un orateur brillant, fluide dans son expression , pédagogue, maniant l'humour, le recadrage et l'animation de groupe avec beaucoup de talent. Le seul point négatif est ce que c'était beaucoup, beaucoup trop court.  

Voilà, j'ai eu ma dose de plaisir intellectuel et ça fait du bien au cerveau !!

Le Festival allait sur sa fin.

Perrine Griselin, que je ne connaissais pas, en a été le fil conducteur, l'écrivain-e phare. Je n'ai pas eu l'occasion de la voir en action, malgré les nombreux ateliers qu'elle a animés à la plus grande satisfaction des festivaliers, semble-t-il. DSCF1297  

Je n'ai pu la découvrir qu'à travers deux moments : "la conversation loufoque" où, avec un partenaire, elle revisitait l'actualité, puis lors de l'apéritif partagé avec les intervenants ou artistes, moment fugace, où elle a fait une apparition.

Vivement l'année prochaine pour découvrir le nouveau programme de Textes en l'air !

 

Marie-Laure Tena - 2 août 2010

 

C'est à l'occasion de ce festival que j'ai appris le décès du comédien Philippe Avron. Sur l'instant le nom ne m'a rien dit, mais il s'agit d'un comédien, compagnon de route de Jean Vilar, et que j'avais découvert, enfant, dans le Théâtre de la Jeunesse ou le feuilleton "Quentin Durward". Pour moi , c'était avant tout un conteur, dont le visage et les expressions m'émerveillaient. 

avron.jpg

 

 

 

Tag(s) : #Franck Lepage, #novlangue, #langue de bois, #conférence gesticulée

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :