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basescu-ponta.jpgDepuis des semaines, la Roumanie connaît une crise politique, qui se superpose à la crise économique.

Le Président roumain, Traian Basescu, s’est vu reprocher les politiques de rigueur mises en place pour respecter les consignes de l’Union Européenne, et le jeune Premier Ministre, Victor Ponta, a tenté de le faire destituer, c’est-à-dire de mettre un terme à sa Présidence. Le Président roumain, Traian Basescu, est un libéral, un homme de centre-droit, tandis que le gouvernement en place, mené par le socialiste Victor Ponta, est social-libéral.

ROUMANIE-CARTE-UE.jpgLa Roumanie est un pays des Balkans, d’Europe de l’Est, bordée par de nombreux pays slaves et par la Mer noire. La Roumanie est composée de plus de 24 millions d’habitants dont 2 millions sont des Roms. Il y a également des minorités hongroise, ukrainienne, allemande, russe, tatare, etc. La capitale de la Roumanie est Bucarest et compte près de deux millions d’habitants. La Roumanie est un pays de langue romane, issue du latin et de l’italien, contrairement aux langues des pays limitrophes (voisins). Toutefois, comme toute langue, le roumain a été influencé par d’autres cultures comme la culture thrace mais aussi par les langues slaves. L’histoire dit que la Roumanie ou la Dacie a connu plusieurs vagues d’invasions par les Huns, les Bulgares et les Mongols et qu’alors la roumanie.jpgpopulation romanisée s’est réfugiée dans les montagnes, perpétuant ses traditions et maintenant sa langue romanisée. La Valachie et la Moldavie, grandes régions roumaines, officialisèrent la langue roumaine entre le Xème et le XIIIème siècle. Bien plus tard, en 1861, la Valachie et la Moldavie se réunirent pour former et créer la Roumanie, Etat indépendant reconnu par l’Europe et par l’Empire ottoman. A la fin de la Première guerre mondiale, la Roumanie récupéra des régions voisines (Bessarabie, Transylvanie, etc.) et augmenta nettement la superficie de son territoire. Cependant, pendant la Seconde guerre mondiale, la Roumanie dut céder certaines terres à des pays voisins, comme la Hongrie. Royaume depuis la fin du XIXème siècle, la Roumanie devint une République communiste en 1948 avec l’expansion de la sphère d’influence soviétique. La Roumanie suivit les diktats de l’Empire soviétique jusque dans les années 60. En 1974, Ceausescu devint le Président de la Roumanie et ce jusqu’à sa mort violente en décembre 1989. Ceasescu instaura un régime communiste totalitaire dont les Roumains se libérèrent dans des conditions tourmentées (simulacre de procès pour Ceasescu et sa femme Héléna et exécution des deux despotes dans la foulée). En 1989, profitant de la libéralisation du régime russe, comme d’autres pays, la Roumanie s’émancipe de la tutelle soviétique et change de régime en faveur de l’instauration d’une démocratie fondée sur une Constitution officialisée en 1991.

Aujourd’hui, la Roumanie, membre de l’Otan, membre de l’Union Européenne depuis 2007, doit répondre aux exigences de l’Union sur différents plans dont économique, politique, social. Le Président Basescu, élu en 2004 puis réélu en 2009, avait tout d’abord contenté ses électeurs par son approche pragmatique et proche des Etats-Unis. La croissance était revenue, les discriminations étaient combattues, l’intégration au modèle occidental en bonne voie. Mais la crise, depuis 2009, a remis en question la politique de Traian Basescu qui a été contraint de faire appel au FMI et d’appliquer brutalement des règles d’austérité roumanie-manfi.jpgsemblables sans doute à celles de la Grèce. La population s’est alors révoltée contre d’une part l’appauvrissement généralisé et d’autre part contre une partie de l’élite de l’ancien régime communiste qui s’est enrichie au dépend du plus grand nombre, mais aussi contre les mesures d'austérité et contre les privatisations du système de santé. A ce sujet, en février 2012, le gouvernement libéral accepta de retirer momentanément son projet de privatisation du système de santé. Le nationalisme connaît plusieurs poussées et son retour est alimenté par les exigences de l’Union Européenne et du FMI.

En juin 2012, les élections législatives entraînent une alternance et portent à la tête du gouvernement un socialiste, Victor Ponta. Basescu cumule contre lui différents opposants, les socialistes mais aussi certains libéraux, comme Crin Antonescu, patron du parti libéral, qui ne se retrouvent pas dans les politiques menées par le Président. Les opposants de Traian Basescu font appel à la procédure de destitution composée d’un vote du Parlement suivi d’un référendum. Le 6 juillet 2012, le Parlement vote la destitution du Président Basescu. L’Union Européenne s’inquiète et demande au Premier Ministre Victor Ponta de venir expliquer la situation à Bruxelles. Le 29 juillet se déroule le référendum dont l’objectif est de valider ou d’invalider le vote parlementaire. Pour être valide, le référendum doit recueillir au moins 50 % de participation, selon les vives recommandations de l’UE. Le référendum ne recueille que 46 % de participation. La destitution du Président roumain n’est pas validée. En effet, les listes électorales sont contestées et revues à la baisse lorsque le parti de Basescu observe que certaines personnes décédées figurent encore sur ces listes (listes validées lors des élections de juin 2012 par l’ensemble des partis mais contestées dans le cas du référendum). Ce sera finalement à la Cour constitutionnelle de valider ou non la destitution de Basescu fin août. En attendant, c’est le Président par intérim, Crin Antonescu, leader du parti libéral, le parti de Basescu, qui est à la tête du pays.

Marie-Laure Tena – 25 août 2012

 

Sources : diploweb.com (article de Catherine Durandin août 2012) –  tlfq.ulaval.ca - Informations télévisées

Tag(s) : #actualités
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