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Pour la première fois sur ce blog qui n’est, habituellement pas, un blog d’opinion, j’écris un article, un billet d’humeur sur une valeur qui m’est chère et sur laquelle je me pose de nombreuses questions. Je vous remercie par avance de votre bienveillance pour ce nouvel exercice.

Posons tout de suite la question : la dignité est-elle une valeur désuète, une valeur réactionnaire ? Une jeune fille rencontrée dans le tram pourrait répondre, excusez-moi pour la crudité des termes, « j’m’en bats les couilles »...

(Je n'évoquerais pas ici la dignité sociale, celle qui se fonde sur l'accès à l'eau, à l'alimentation, à un emploi, à un toit pour s'abriter, à des relations sociales, à l'accès aux soins, etc, cette dignité recouvrant tous les besoins de la pyramide de Maslow, et qui correspond aux critères d'une vie décente. J'évoque ici la dignité comme respect de soi et des autres dans le monde occidental).

La dignité est un sentiment propre à une personne et qui commande le respect, qui impose naturellement le respect, sans outrance, sans exagération. La dignité, c’est aussi avoir le respect de soi-même. Le mot « dignité » dérive du latin « dignitas » signifiant « considération, honorabilité, estime, charge publique (fonction importante dans la société) ». La dignité est donc une valeur individuelle et collective.

J’aimerais maintenant partager avec vous quelques idées sur le sujet.

La dignité, c’est se connaître, connaître ses limites, les accepter, refuser le manque de respect vis-à-vis de soi et vis-à-vis des autres, la dignité, c’est aussi connaître sa valeur sans vanité ni excès, c’est accepter ses défaillances. La dignité, c’est être capable de reconnaître ses torts et de présenter ses excuses. Plus simplement, la dignité c’est rendre son sourire à une personne qui vous l’envoie.

La dignité dans la forme, c’est refuser les attaques, les abaissements, les humiliations que l’on fait subir à soi-même (téléréalité style Carré VIP ou Secret Story où certains se mettent à quatre pattes pour faire le chien) et que l’on fait subir aux autres. C’est, par exemple, arrêter de mâchonner un chewing-gum en public afin de plus avoir l’air bovin et ruminant face à un interlocuteur. Je pense que les marchands de chewing-gums ont largement fait des bénéfices ces derniers temps, vu le nombre croissant d’humains ruminants dans les écoles, lycées, arrêts de bus, magasins, rues, télé, etc. La dignité, c’est refuser de tomber dans la vulgarité quotidienne sous prétexte que c’est tendance ou que tout le monde le fait. Je repense ici à un de mes collèges de travail, il y a 15 ans environ, qui saluait chacun, le matin, d’un ‘salut enc...’, disant que c’était un terme affectif et que ceux qui n’étaient pas contents étaient intolérants et rigides.

La dignité, dans le fond, c’est se construire sur des valeurs, quelles qu’elles soient. Choisir ses valeurs, les appliquer le mieux possible car nul n’est parfait, nul ne peut être cohérent et congruent à cent pour cent du temps. La dignité, c’est alors accepter ou refuser de faire, de ne pas faire, de dire ou de ne pas dire, et savoir pourquoi. Plus de dignité pour moins de harcèlement moral, par exemple ?  Plus de dignité pour oser aller de l’avant mais aussi plus de dignité pour refuser les expériences inutiles ?

La dignité favorise la politesse, à moins que ce ne soit l’inverse (ne vaut-il pas mieux dire « que voulez-vous ? » plutôt que « qu’est-ce qu’elle a cette pute ? » expression fréquente dans la rue et les transports en commun). La dignité, c’est parfois être à contre-courant d’un groupe ou d’une société entière. La dignité peut être douceur car l’estime de soi et des autres nécessite une bienveillance régulée et maîtrisée (la bienveillance, c’est la capacité à croire que l’autre est compétent, malgré ses erreurs, et qu’il peut progresser. C’est également adopter un positionnement et une écoute positifs avant de juger). La bienveillance est naturellement à distinguer de l’angélisme où tout le monde est beau, tout le monde est gentil.  

Gifs Animé route signe (15)La dignité est parfois un chemin un peu difficile à emprunter car il faut s’être suffisamment construit pour en avoir. Nous sommes tous fragiles, nous sommes tous faillibles, quelques heures ou quelques années. Mais tenter d’avoir de la dignité est déjà un progrès.

C’est vrai, la dignité est un choix de vie. Cela demande un effort sur soi, de la patience, du travail, de la réflexion, un minimum d’exigence. Mais les fruits de la dignité sont une estime de soi, un respect des autres et par les autres. A titre individuel, la dignité permet d’avoir une ligne de conduite et d’être moins influençable aux pressions de groupes. Collectivement, je suis persuadée que plus de dignité dans les sociétés, les civilisations, redonneraient de l’espoir à tous et aux plus jeunes en particulier.

Je conclurais en disant que la dignité, c’est rester debout et aller de l’avant tandis d’autres se mettent à quatre pattes.

Tant pis, si certains trouvent cet article réac, pompeux ou moralisateur. Personnellement, je travaille sur la valeur de la dignité depuis quelques années et je suis attristée de voir tant de gens perdre la leur pour une minute de gloire, pour faire mal au voisin et pour laisser épancher tant de fiel et de violence dans des commentaires sur les blogs et sites que je parcours.

Je vous remercie de votre attention. Je suis preneuse de tout commentaire constructif et courtois.

Marie-Laure Tena – 11 août 2011
 
Tag(s) : #humeur

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