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Le livre

Les langages de l’humanité, une encyclopédie des 3 000 langues parlées dans le monde, 1 736 pages, paru en 1983 aux Editions Robert Laffont et réédité en 2010, présente l’histoire et l’usage de 3 000 langues, sans compter les dialectes, avec divers tableaux de vocabulaire de base, d’écritures et toponymie.

L’auteur

Michel Malherbe, polytechnicien, passionné de linguistique et des religions, a eu l’occasion de visiter de nombreux pays dans le cadre de ses différentes fonctions dans le secteur public comme privé. Auteur de nombreux ouvrages, il est directeur de la collection « Parlons » (Parlons Tadjik, Balinais, Maori, etc.) aux Editions L’Harmattan.

 

Le contenu

Les 470 premières pages font le recensement, non exhaustif, de quelques 3 000 langues avec le nombre de locuteurs, les spécificités lexicales et grammaticales, la phonétique, les politiques linguistiques, les monnaies, les noms de lieux... C’est un vaste panel de langues parlées, des plus courantes et des plus partagées, à celles plus régionales comme le basque, le breton, le créole, le pidgin, mais aussi le langage des sourds, de l’informatique, sans oublier l’eskimo, le maya, le quetchua, le tzigane, etc. Le reste de l’ouvrage est consacré à la présentation du vocabulaire (entre 300 et 600 mots) de 171 langues.

L’auteur précise que les 3 000 langues évoquées dans l’ouvrage ne représentent qu’une partie de toutes les langues parlées depuis l’aube de l’humanité. L’apparition du langage remonterait à une centaine de milliers d’années. Les chasseurs-cueilleurs seraient les premiers savants à donner des noms aux animaux et aux plantes qu’ils découvraient, les mots représentant la première manifestation d’abstraction de l’être humain.

Une langue est un moyen de communication au service d’un groupe, utilisée au moyen de sons et parfois d’écriture. A ce propos, seule une centaine de langues aurait un système d’écriture. Pour qu’une langue vive et survive, elle doit s’appuyer sur un système culturel, politique et économique puissant.

Les langues sont vivantes, évoluent et meurent ou disparaissent. Aucune d’entre elle ne peut être considérée comme parfaite, précise et « féconde » à la fois, aucune n’est pure. Ainsi, le français est issu du celte, du latin, du franc, entre autres, comme l’anglais est imprégné de nombreux mots d’origine française. L’évolution d’une langue provient de l’usage, de l’intégration de mots étrangers et de la création (néologisme) de nouveaux termes.

Les groupes linguistiques principaux sont :

Les langues indo-européennes dont les langues latines, celtes, germaniques, slaves dont l’ancêtre principal serait le sanskrit, une des premières langues écrites. Les langues africaines, au nombre de 1 100 à 1 200, dont les langues bantoues représentent la moitié comme le swahili, le zoulou, le kimbudu, etc. Il faut ajouter le peul, langue de grande complexité, le wolof, le bambara, etc. Les langues d’Asie au nombre de plus 600 dont une trentaine officielles, les langues finno-ougriennes comme le hongrois ou le turc, les langues malayo-polynésiennes avec le malgache, le javanais, le balinais, ..., les langues sémito-chamatiques dont l’arabe, l’araméen, l’hébreu, le berbère, le somali...  les langues dravidiennes comme le Tamoul, les 700 langues d’Océanie, non encore toutes identifiées, avec le papou, les langues aborigènes, ... les langues amérindiennes au nombre de 50 mais dont 3 à 5 seraient encore en usage, ... A cela ajoutons la langue des signes et le langage informatique.

Il existe 60 langues officielles dans le monde dont 6 reconnues à l’usage international par l’ONU : l’anglais, le français, l’espagnol (avec 200 millions de locuteurs), le russe, l’arabe et le chinois. En Europe, il y a une trentaine de langues nationales et autant de langues régionales, soit une langue pour 10 millions d’habitants.

Mon avis

C’est un véritable foisonnement d’informations et de découvertes propres à ravir le moindre cerveau à la recherche de connaissances sur la diversité linguistique de la planète. Comme toute encyclopédie, c’est un ouvrage structuré mais que l’on peut feuilleter et parcourir au gré de ses désirs, jusqu’à s’y perdre, tant il y a des détails sur l’évolution, la pratique et l’étymologie des mots et des langues. Ainsi, le fruit, la pêche, tire son nom du latin « persicum malum » signifiant « pomme de Perse », ou encore « göl » du turc qui s’est transformé en Asie centrale en « kal » comme dans Baïkal et qui signifie « lac », ici le lac riche.

C’est comme les poupées russes, ces fameuses Matriochkas, qui vous font aller du plus grand panorama au plus petit détail d’une langue.

Le seul bémol, un vocabulaire parfois daté des années 80 « homme » au lieu d’ « être humain », primitifs au lieu de premiers, etc. Cela gagnerait à être mis à jour pour être à la hauteur du contenu proposé aux lecteurs, d’autant que le dernier tirage de Les langages de l’humanité, une encyclopédie des 3 000 langues parlées dans le monde date d’avril 2019.

Marie-Laure Tena - 5 juin 2020

Tag(s) : #linguistique, #LangagesdelHumanité, #encyclopédieLangues, #culture générale

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