Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

"La force de l'imaginaire ! On s'imagine que l'imaginaire, c'est léger... c'est futile ! alors que c'est primordial ! Seulement il faut faire attention ! Lorsqu'on a la prétention, comme moi, d'entraîner les gens dans l'imaginaire, il faut pouvoir les ramener dans le réel, ensuite... et sans dommage ! C'est une responsabilité ! Parce que vous entraînez les gens dans l'imaginaire et puis, il y en a qui vont plus loin que vous ! Et vous rentrez tout seul !.."

Cet article commémore la naissance en Belgique de l’humoriste et musicien franco-belge Raymond Devos le 9 novembre 1922. Sa famille déménage en France quand il est encore petit. Il se découvre tôt un goût pour le théâtre et, la pantomime. Ses parents connaissent des jours difficiles et Raymond Devos doit rapidement alterner les petits boulots avec son envie de monter des spectacles. Mort en France en 1996, Raymond Devos maniait la langue française avec subtilité et habileté. Aucun mauvais goût, aucune vulgarité ni grossièreté ne venaient entacher ses textes et ses spectacles.

Raymond Devos explorait toutes les facettes de la société, le mariage, les impôts, la consommation, le racisme, les manifestations, la gendarmerie, Dieu, etc. en jonglant avec les mots, les itérations et les expressions françaises. Il suscitait le rire et la tendresse grâce à son univers drôle et son imaginaire poétique. La finesse de ses textes associée à sa gestuelle sur scène emportait l’auditoire vers l’absurdité qui affleure dans notre vie quotidienne. Raymond Devos maniait le non-sens et le paradoxe avec maestria. Par ailleurs, issu d’une famille artiste, il apprit à manier divers instruments de musique comme le piano ou la clarinette.

La seconde guerre mondiale vient interrompre les études de théâtre qu’il suivait et l’envoie au STO, le service de travail obligatoire instauré par le régime de Vichy sous la forte impulsion nazie. Après la guerre pendant laquelle il continue de monter ses spectacles, Raymond Devos entre dans une école de mime et débute avec deux autres humoristes avant de se lancer seul sur scène à partir de 1957.On le connaîtra ensuite toujours accompagné du même pianiste, Hervé Guido. "Son pianiste ayant chu de son tabouret, l'artiste (au public) : Vous avez vus comme il a chu ? (Au pianiste) Quand on ne sait pas choir... on ne choit pas ! (Au public) Les gens ne savent plus choir ! Ils savent s'asseoir... mais ils ne savent plus choir ! Ils s'imaginent que choir, c'est déchoir ... Choir n'est pas déchoir ! Un homme qui a chu n'est pas déchu... à condition qu'il choie bien ! "...

Raymond Devos donnait l'impression de "parler pour ne rien dire" : "Mesdames, messieurs... je vous signale tout de suite que je vais parler pour ne rien dire. Oh ! Je sais ! Vous pensez : "s'il n'a rien à dire... il ferait mieux de se taire !". Évidemment  ! Mais c'est trop facile !... C'est trop facile ! Vous voudriez que je fasse comme tous ceux qui n'ont rien à dire et qui le gardent pour eux ? Eh bien, non  ! Mesdames et messieurs, moi, lorsque je n'ai rien à dire, je veux qu'on le sache ! Je veux en faire profiter les autres ! Et si, vous-mêmes, mesdames et messieurs, vous n'avez rien à dire, eh bien, on en parle, on en discute ! Je ne suis pas ennemi du colloque . Mais, me direz-vous, si on parle pour ne rien dire, de quoi allons-nous parler ? Eh bien, de rien ! De rien ! Car rien... ce n'est pas rien ! La preuve, c'est que l'on peut le soustraire.Exemple : Rien que moins= moins que rien ! Si l'on peut trouver moins que rien, c'est que rien vaut déjà quelque chose ! On peut acheter quelquqe chose avec rien ! En le multipliant ! Une fois rien... c'est rien ! Deux fois rien... Ce n'est pas beaucoup ! Mais trois fois rien !... Pour trois fois rien, on peut déjà acheter quelque chose ... et pour pas cher !... "

Il est mort d'une attaque cérébrale à 63 ans, après avoir reçu des prix et distinctions comme deux Molière, le grand prix de l'humour de la Sacem ainsi que la légion d'honneur en tant que commandeur.

Depuis, le comédien et humoriste François Morel a repris certains de ses sketches.

Il y a quelques temps, j'ai offert un recueil des textes de Raymond Devos à un de mes neveux, âgé alors d'une vingtaine d'années. Sa réaction après l'avoir lu ? Extra ! On devrait le faire lire dans toutes les écoles !

N'est-ce pas ?

Je vous laisse avec le tout premier sketch de Devos qui, enfant, m'a fascinée : "Sens dessus-dessous". Cliquer ici pour le voir.

Marie-Laure Tena - 05 novembre 2019

Textes tirés de "Raymond Devos - Matière à rire - L'intégrale" aux Éditions Olivier Orban

sources biographiques : Babelio.fr - evene.fr  - La-Croix.com

Photo : Valeurs actuelles

Tag(s) : #RaymondDevos, #humour, #culture générale

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :