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La transition écologique voulue par le gouvernement relève d’un changement important de notre société et de notre fonctionnement. Changer de chaussures, de coiffure ou de voiture est une modification dans notre mode de vie mais ne le remet pas en question.

 

Nous voyons ici qu’il y a deux types de changement : le changement à l’intérieur d’un système et qui permet son maintien, c’est le changement de niveau 1 ; le changement d’un système, important ou modeste, mais qui modifie la structure même de ce système, c’est le changement de niveau 2.

 

A quel type de changement appartient la transition écologique ? Si nous passons d’un diesel ou essence à une voiture électrique, nous restons dans le même système : dépenses d’autoroute, énergie, batterie à acheter ou à louer, garage, crédit... Si, à l’instar du Maire de Grenoble, Eric Piolle, nous incitons nos concitoyens à rouler en vélo, à covoiturer, à prendre les transports en commun, le train ou à marcher, nous changeons notre mode de mobilité et peut-être même notre organisation domestique : les courses, les transports des enfants ou des animaux, les loisirs doivent être revus à l’aune d’un mode de transport moins carboné. On peut arriver à un changement de niveau 2.

 

Un principe essentiel lorsqu’on conduit un changement est de prendre en compte le penchant naturel de l’être humain pour la stabilité et la permanence. Plus le changement implique de personnes, des groupes ou une nation, plus la résistance sera forte. Il faut également considérer que tout changement implique une charge émotionnelle variable selon les cultures et les individus ainsi qu’une perte de repères. Ainsi, les arguments rationnels ne suffisent pas. Une maturation, un accompagnement dans le temps de tout changement ou transition importante doit être effectué.

 

Le changement nécessite de désapprendre et d'apprendre ; cela entraîne une relecture de la réalité, une prise en compte de nouveaux éléments, un recadrage, souvent un deuil* et un nécessaire lâcher-prise pour aller de l’avant ou faire différent.

 

Pour faciliter le changement, il est utile de faire preuve de pédagogie (art de la répétition), de patience et d’écoute car personne, même le pilote du projet ou de la transition, ne détient seul la vérité. La coopération doit être sollicitée de la part de tous les acteurs concernés afin d’enrichir la vision ou la représentation que l’on a du problème et des solutions.. Ces échanges  doivent encourager la création d’un langage et d’un référentiel commun. La valorisation des contributeurs au changement doit être claire, transparente et effective.

 

Sur le plan pratique, la planification de l’objectif découpé en petites étapes est à prévoir. Chaque résultat atteint permet de rassurer et de concrétiser de manière positive le changement ou transition.

 

Enfin, je terminerai cet article en citant un ratio : 20/60/20. On dit en effet dans la conduite du changement que 20 % des personnes concernées vont y être favorables, 20 % seront réfractaires et la majorité, 60 %, hésitera entre les deux pôles.  

 

Marie-Laure Tena -28 novembre 2018

 

* Voir la courbe du deuil élaborée par le Dr Elisabeth Kübler-Ross (psychiatre) : ici

Sources : notes personnelles 2001-2002 Label Coach &Team – article de Bernard Caldérini-Gayon 2005 (spécialiste du dialogue social et de la conduite du changement en entreprises).

Crédit du schéma : http://am-designthinking-blog.com/comment-le-design-thinking-redonne-du-souffle-a-la-conduite-du-changement

Suggestion : pour en savoir davantage sur la conduite du changement «Du désir au plaisir de changer » Françoise Kourilsky-Belliard – Editions Dunod

Tag(s) : #changement, #transition, #ConduiteduChangement, #Deuil, #KüblerRoss, #TransitionEcologique

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