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Le Bec de l’Ornithorynque lance un cycle poétique, présentant la vie de poètes* féminins ou masculins ainsi que quelques uns de leurs textes. Aujourd’hui, je vous invite à découvrir Paul Fort dont certaines poésies sont inscrites dans ma mémoire.

Le bonheur (Les ballades françaises)

Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite.

Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite. Il va filer.

 

Si tu veux le rattraper, cours-y vite, cours-y vite.

Si tu veux le rattraper, cours-y vite. Il va filer.

 

Dans l’ache et le serpolet, cours-y vite, cours-y vite,

dans l’ache et le serpolet, cours-y vite.

Il va filer.

 

Sur les cornes du bélier, cours-y vite, cours-y vite,

sur les cornes du bélier, cours-y vite.

Il va filer.

 

Sur le flot du sourcelet, cours-y vite, cours-y vite,

sur le flot du sourcelet, cours-y vite.

Il va filer.

 

De pommier en cerisier, cours-y vite, cours-y vite,

De pommier en cerisier, cours-y vite.

Il va filer.

 

Saute par-dessus la haie, cours-y vite, cours-y vite,

Saute par-dessus la haie, cours-y vite ! Il a filé.

 

Toute la campagne est évoquée et le poète passe en revue les herbes comme l’ache (sorte de céleri), le serpolet ou farigoule ou encore thym, le bélier, l’animalité symbole de la puissance de la nature, l’énergie du petit ruisseau, le ru ou sourcelet, ... En bas puis en haut dans les arbres qui donnent des fruits, un fruit gourmand, printanier et peut-être un fruit défendu... Le bonheur est champêtre (édénique ?), taquin, furtif, vif et si l’on traîne, il file ! Il faut donc s'activer !

 

Paul Fort est un poète français, né en 1872 et décédé en 1960. Certaines de ses ballades ou autres poèmes ont été transmis dans les écoles primaires, comme « Le bonheur » ou encore « La ronde autour du monde. Paul Fort était un poète, parolier, écrivain, auteur de lettres, co-créateur avec l’écrivain Paul Valéry et directeur d’une revue littéraire qui fera connaître Apollinaire ou Max Jacob et du Théâtre d’Art, montant des textes de Jules Laforgue ou bien révélant au public français le dramaturge norvégien Ibsen. En 1912, après Mallarmé et bien d’autres, Paul Fort fut nommé « Prince des poètes ». Avant et après la Deuxième guerre mondiale, il rencontra quelques déboires avec ses pairs pour intégrer l’Académie française, ce qui ne se fit pas, ou tenter de faire partie de jury du Goncourt. En 1934, Paul Fort fait partie du jury du Prix de la Jeunesse. Après avoir été décoré Chevalier de la Légion d’honneur, il est promu Commandeur en 1953.

 

Paul Fort fut un poète de la nature, de la lumière et des chants d’oiseaux. Il écrivit aussi des poésies plus tristes comme « La complainte du petit cheval blanc ». Son style simple et lyrique à la fois, rythmé, symbolique (il fut très proche du mouvement symbolique à la fin du XIXème siècle, ce qui lui valut quelques ennuis) eut tous les atouts pour rendre ses textes poétiques populaires et plaisants pour les enfants.

 

Je vous laisse avec un texte court et imagé qui vous plaira, je l’espère :

 

Cri d'or du soleil
loriot, tarin, fauvette grise y jouent de leurs sifflantes flûtes
et dans ce bruit le merle incise l'air
qui sur l'eau se répercute

 

 

Marie-Laure Tena – 7 juin 2018

 

Sources : data-bnf.fr - universalis.fr

 

* Je n’écris pas « poétesse » car il semble que cela soit moins valorisant que « poète ».

Tag(s) : #Poème, #Poésie, #PaulFort, #LeBonheurEstDansLePré, #culture générale
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