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Chapitre 12

Les alliés

Après son départ, l’entité spirituelle déploie sa silhouette formidable hors du caisson, au-delà des parois de la pièce. Olympe Lazarus a peur pour la première fois, consciente d’avoir sous-estimé le monde surnaturel. L’ombre lumineuse continue d’enfler, menaçant les murs et les plafonds d’effondrement quand une voix forte résonne « Son Amour est là depuis toujours. Béni soit le Nom de Dieu ! Que toutes Ses nombreuses armées louent Son Nom».  A l’énoncé spectral du mot « armées », Olympe Lazarus se souvient qu’une troupe bien réelle est en train de prendre le site d’assaut. L’ange déplie délicatement ses trois paires d’ailes tout en louant Son Créateur. Les deux sorciers tombent à genoux :

- Un séraphin ! reconnait la femme. Un ange du Trône de Dieu ! Vous ne nous l’aviez pas dit !

Comme asphyxiée, elle titube vers Lazarus, les yeux exorbités de frayeur :

- Un ange de feu, adorateur de Dieu !

Les yeux recouverts par ses mains, elle tombe à nouveau à genoux devant la beauté terrifiante et brûlante d’une des plus hautes créatures célestes. Terrorisé à l’idée d’être consumé, son compagnon reste tête courbée, sans mot dire.

Olympe Lazarus s’accroche à sa volonté et à sa détermination de créer un humain augmenté. Elle veut fixer ses yeux sur le Séraphin mais ils clignent et pleurent. Le rapport de force qu’elle affectionne n’est pas en sa faveur. L’être céleste effleure son front, lui laissant une brûlure profonde. Devant le danger et la toute-puissance, Olympe Lazarus s’affaisse, comme morte.

Le souffle court, Thierry Gaillard a observé la scène avec incrédulité. Contaminé par la peur des médiums, il veut être utile sans se faire remarquer, d’autant que l’ange ne semble pas s’intéresser à lui. Le jeune homme s’approche d’Olympe Lazarus, les mains levées comme s’il était braqué, et annonce à haute voix qu’il désire évaluer l’état de la femme. Rassuré par le silence et le calme qui l’entourent, il examine la femme qui l’intimidait il y a encore quelques heures et soupire :

- Elle est inconsciente.

Le Séraphin, immense, flotte dans le laboratoire en silence. Les deux mages courent vers la porte, presque rampant, heureux d’être en vie.

 

Eléonore retrouve ses amis et Lena coincés dans un couloir par un androïde doublé d’un démon. Rava lui résume les événements, appuyé dans ses dires par la tête du cyborg. Saint-Amant est sur le point de blaguer lorsqu’il est l’objet d’attaques spirituelles. Dans son coin, le démonologue comprend que le lien psychique qu’il a créé avec ses deux confrères vient d’être rompu. L’entité est libre, même si sa morphologie sur le plan physique reste fluctuante. Royal est pris pour cible par le démon qui entre en lui, en ressort, recommence et à chaque fois lui arrache des petits lambeaux de chair. L’esprit de Saint-Amant est bousculé par les malédictions et la perversité des images transmises jusque dans son ADN par l’être malfaisant. Tous ont reculé. Impuissant, Rava cherche une solution qui ne vient pas. Le prophète emmène la tête de Vadim dans son repère, loin du combat. Méthodique, Lena fait mentalement la liste des spécialistes présents sur le site qui pourraient les aider. Le roboticien prend la tangente et le démonologue plonge les mains dans ses poches pour récupérer le carnet des incantations collectées au fil des années.

Eléonore avance vers le concentré de remugles et, adoubée psychiquement par le Séraphin, se retrouve dotée de l’armure spirituelle devenue visible aux êtres humains. Confiante mais tremblante, la jeune femme fonce, l’épée de Dieu levée, et plonge dans ce qui est comme un trou noir dévorant tout sur son passage. Protégée par le casque, le bouclier et les chaussures, Eléonore lance des coups, vocifère des extraits de psaumes, corrode et cautérise l’énergie nerveuse du démon.

Celui-ci découvre une adversaire inattendue et déplaisante. Il laisse Saint-Amant pour se focaliser sur la jeune femme. Il n’a pas encore donné toute sa mesure quand, dans son champ de vision, il remarque le démonologue qui tente de feuilleter son calepin, les doigts tremblants. Il tourbillonne autour de lui, exigeant une invocation des démons supérieurs dont Abaddon, le destructeur.

Alarmée, essoufflée, Eléonore comprend qu’il faut empêcher l’apparition d’autres entités infernales. Elle prie un instant alors que ses amis s’affolent de sa soudaine inertie. Royal Saint-Amant est tombé à terre, les yeux roulants de droite à gauche, le front perlé d’une sueur rosée. Recentrée sur sa foi, la jeune femme lance sa Bible de poche à son ami et lui adjure de lire le psaume 103 à haute voix. Rassérénée, Eléonore avance à nouveau, prête à en découdre. Cependant, elle s’arrête à nouveau, le visage tendu. Le démon écrase les poumons du démonologue et commence à le désarticuler. La jeune femme comprend ce qu’elle a à faire. Le bouclier apposé sur sa poitrine, l’épée dans la main droite, tenue droite par la cuirasse de justice et le casque du salut, le pas ferme grâce aux chaussures du zèle, Eléonore proclame d’une voix de mezzo-soprano une prière d’exorcisme, celle attribuée à Saint Antoine de Padoue et gravée sur la place Saint-Pierre, à Rome :

Ecce Crucem Domini ![i] 
Fugite partes adversae ! 
Vicit Leo de tribu Juda, 
Radix David ! Alleluia !

Déstabilisé, le démon lâche sa proie, qu’un employé du Cluster caché depuis le début arrive à exfiltrer du couloir.  Eléonore reprend la prière en latin puis en français, faisant le signe de croix dans l’air avec l’épée. Saisie d’une transe mystique, la jeune femme chante la prière en araméen. Rava et Lena s’étonnent de sa connaissance des langues. Saint-Amant ne veut prendre aucun risque et lit le psaume de bénédictions à haute voix malgré les tremblements qui agitent son corps.

Un bref instant, qui est une agonie pour le démon, tous perçoivent un chœur reprenant la prière dans une langue céleste. Alors, assaillie de toutes parts, sans renforts, l’entité infernale diminue et se replie sur elle-même. Exaltée, Eléonore continue à citer la prière d’exorcisme jusqu’à ce que l’adversaire renonce et disparaisse dans les cavernes de l’enfer. Au-dessus d’elle se fait entendre un froissement d’ailes invisibles. Elle sourit et dit au-revoir dans son cœur.

- Que s’est-il passé ? balbutie Lena.

- Des amis d’Olympe Lazarus, fait Rava, laconique.

 

Un nouveau fracas éclate quand des hommes en treillis envahissent l’étage sous les ordres du double commandement du Kazakhstan et de l’Otan. C'est une intrusion vigoureuse et rapide. Parmi les soldats et les armes, Lena distingue le visage de l’aumônier musulman rencontré en Moldavie. Aucun des Français n’a le courage d’aller le saluer. Ils sont exténués et affaiblis par les combats qu’ils ont dû mener. Saint-Amant reste allongé sur le sol, se laissant enjamber par ceux qui passent. Driss Benmakhlouf arrive à leur hauteur et glisse le long d’un mur jusqu’à être accroupi :

- Alors ? Quoi de neuf ?

- Vous saviez que nous étions ici ? respire Royal en se redressant.

L’aumônier militaire esquisse un sourire mystérieux :

- Nous cherchons Olympe Lazarus.

- Vous la connaissez ?

- L’héritière du Cluster qui l’a transformé et développé en une infrastructure puissante et internationale vouée à un transhumanisme dévoyé ?

Le brouhaha et les allers et venues bousculent le petit groupe qui se réfugie dans une salle où des sièges confortables s’offrent aux corps et aux esprits fatigués. Saint-Amant a une sale tête et le chapelain lui suggère de voir un médecin militaire rapidement :

- Qu’est-ce qui vous est arrivé ?

- C’est indicible, confie Royal.

Les autres approuvent dans un murmure.

- Il faudra bien le raconter, insiste Driss Benmakhlouf. Vous allez avoir droit à un débriefing avec les services kazakhs, ceux de l’Otan et sûrement avec les services français.

Lena, qui sent des fourmillements dans son cerveau, demande pourquoi des troupes militaires ont fait une descente sur le site. L’aumônier explique que le Cluster fait partie des organisations surveillées par les services secrets de différents pays.

- Il y a dix-huit mois environ, nous avons été alertés par des collaborateurs sur les agissements non-éthiques du Cluster et les projets expérimentaux lancés par Olympe Lazarus.

- Des taupes infiltrées par vos soins ou des lanceurs d’alerte ? interroge Saint-Amant pour son article.

Benmakhlouf reconnaît que les lanceurs d’alerte dont faisait partie Rabichong ont permis l’infiltration au compte-goutte de leurs agents. Rabichong, s’étonne Lena, qui ne voyait pas l’homme être ni astucieux ni habile dans la manipulation et le double-jeu. L’aumônier avoue l’échec des services secrets. L’homme était faible et instable et n’a pas su tenir la distance. Inconsciemment, le groupe fait une minute de silence, contrastant avec le tumulte des bottes et les ordres criés dans le polygone.

- Ah, nous avons arrêté un homme, un certain Nurzhan qui dit être un de vos amis. Il était terré au fond d’un tunnel.

- C’est notre guide, s’écrie Eléonore, il nous a aidés.

Même si l’armure spirituelle s’est estompée, la jeune femme sent encore l’empreinte sainte et bienveillante du Séraphin dans tout son être. Elle voudrait que ça continue mais les faits s’emballent et la réalité physique reprend le dessus un peu trop vite.

- Je ne comprends pas ce que vous faites ici, intervient Lena, vous nous avez suivis ?

- Pas au début.

Le chapelain explique qu’après leur rencontre à Chisinau, il a fait faire une enquête sur eux auprès des services de police dont les résultats ont démontré qu’ils étaient la cible du Cluster :

- Nous ne savions pas pourquoi mais nous avons décidé de vous garder à l’œil.

Il justifie sa présence par son appartenance à l’armée française et par sa religion :

- Le Kazakhstan, majoritairement musulman, abrite le Cluster et connaît depuis des mois des attaques salafistes. Mon identité, à la croisée des cultures, m’a rendu utile pour cette mission. J’ai donc été détaché auprès de l’Otan dans ses opérations en Asie centrale.

Rava est ébahi par ces révélations. Il s’étonne de la proximité de l’Otan, alliance atlantique et occidentale, avec le Kazakhstan, anciennement communiste, et proche voisin de la Russie. Driss Benmakhlouf relate en quelques mots l’historique entre l’Otan et le pays depuis son indépendance en 1991. Une pause permet d’ingurgiter ces dernières informations.

- Pourquoi être intervenu maintenant ? questionne Royal qui élabore mentalement le plan de son article.

Le chapelain militaire laisse entendre qu’ils ont été informés de manipulations génétiques controversées et du projet de Lazarus d’utiliser des forces occultes, à ces mots il sourit, ou incontrôlables par la science classique. La porte s’ouvre brutalement et un officier kazakh s’adresse à Benmakhlouf en anglais. Ce dernier bondit sur ses pieds, salue le groupe et sort à toute vitesse.

- Je me demande qui va récupérer toutes les données scientifiques du Cluster, fait Saint-Amant, c’est une mine d’informations sur l’avenir de l’évolution humaine.

- Oui, qui nous dit qu’on ne va pas revoir les mêmes projets d’ici peu mais ailleurs…, ajoute Rava.

Lena est saisie de vertiges, sa tête est comme enflammée :

- Je crois que je ne vais pas bien… gémit-elle. Mon implant…

Inquiète devant le visage décomposé de son amie, Eléonore sort dans le couloir et appelle à l’aide en français et en anglais. L’ordre s’impose au fur et à mesure du contrôle du site par l’armée. A l’extérieur, des bus attendent les collaborateurs du Cluster, des tentes sont déployées pour soigner les blessés, c’est là qu’on retrouve Olympe Lazarus, toujours en état de choc. L’appel à l’aide d’Eléonore a été entendu et Lena est transportée sur une civière. Soulagé enfin depuis des semaines, le trio est sur le point de remonter à la surface quand un braillement se fait entendre dans leurs dos.

- Ah cette voix, rit Saint-Amant.

Encadrés par des militaires impassibles, le prophète Joseph Benigni et la tête de Vadim dans son corset de cyborg avancent en direction de l’ascenseur qui les mène vers les installations militaires extérieures. Rava s’élance au milieu du couloir et crie, en désignant les deux êtres saugrenus :  

- Friends, tovaritch, amis…

Son intervention ne fait qu’agacer les soldats qui, de ce fait, les embarquent également. Pendant leur remontée vers la surface, Royal se met au niveau d’Eléonore qui marche plus lentement :

- J’ignorais tes talents de linguiste.

D’un regard étonné, la jeune femme lui dit qu’elle ne connaît que quelques mots d’anglais et d’espagnol.

- Mais tu as prié en latin et en araméen ou en hébreu, je ne sais pas trop, insiste son ami.

Eléonore rigole :

- Ce sont les gaz de Propolis qui t’auront fait tourner la tête.

Saint-Amant reste dubitatif mais leur arrivée dans le camp militaire improvisé ne lui laisse pas le temps de creuser la question.

 

L’aumônier militaire a accouru en direction de la salle où l’ange est toujours présent, décuplant son énergie au point de dérégler les dosimètres et les compteurs Geiger. Le Séraphin a la mission finale de dévaster le complexe de Semipalatinsk afin de le rendre à jamais inutilisable. Driss Benmakhlouf est resté derrière les vitres extérieures du laboratoire, ébloui par la lumière et craignant de s’y brûler. L’officier kazakh venu le chercher est là à admirer l’être céleste. Thierry Gaillard s’est faufilé parmi les soldats et contemple la magnificence de l’entité.

- Qu’allez-vous en faire, demande-t-il à la cantonade.

- Rien sans doute, répond le chapelain. C’est quelque chose qui nous dépasse et je pense qu’il est là pour tout détruire.

- C’est possible, en convient le jeune scientifique, attristé de perdre la proximité qu’il a entretenu pendant des semaines avec cet ange.

Après un échange court mais autoritaire, l’aumônier a convaincu tout le monde d’évacuer le site et de s’en éloigner le plus vite possible. Jetant un dernier regard à cette exception surnaturelle, il quitte les lieux en dernier, le cœur serré devant tant de terrible beauté.

Le Séraphin perçoit l’absence de tout être vivant, humain, animal ou cyborg. Une fois de plus, il loue son Seigneur puis fait progresser ses rayonnements dans tout le polygone, à tous les étages et jusqu’aux silos nucléaires. Des murs s’effondrent, des plafonds bétonnés craquèlent. Les instruments de mesure et les ordinateurs fondent jusqu’à évaporation. La lumière aveuglante de l’ange dissout les documents papier, les fichiers et les supports informatiques que les militaires n'ont pas eu le temps d'emporter. Au fur et à mesure, les ouvertures, les portes, les ascenseurs et les quelques fenêtres se rétractent, se compriment et empêchent toute issue et toute circulation sur le site. L’être céleste agit au plus profond de la structure physique, soude les particules élémentaires et condamne le lieu à la dévastation et à la solitude.

 

Epilogue

Rava, Eléonore, Royal et Lena sont pris en charge par le contingent français de l’Otan qui les a rapatriés dans un premier temps à Semeï puis à Astana. Lena, dont le cas est inquiétant, a été transférée dans le même service neurologique qu’Olympe Lazarus dont les implants oculaires et son état délétère embarrassent les médecins. L’armée a fait appel à des neurochirurgiens et des spécialistes des technosciences pour conseiller les services hospitaliers kazakhs.

Dans les bureaux officiels de la capitale du Kazakhstan des conciliabules ont lieu pour déterminer la répartition des fichiers récupérés sur le site avant son effondrement et sa destruction par le Séraphin. Les données sont nombreuses, aussi bien en médecine moléculaire, qu’en chirurgie neurologique ou en sciences sociales dont des études de comportements face au transhumanisme. Le Kazakhstan mais aussi la Russie et les pays occidentaux sont intrigués par les expériences sur les êtres d’un monde invisible et paranormal. Tous exigent la mainmise sur les données collectées par les équipes d’Olympe Lazarus. A ce titre, le Professeur Laing et ses assistants sont sollicités dans une ambiance courtoise et empressée. Thierry Gaillard veut rentrer en France et obtient son retour grâce à sa coopération scientifique. Le prophète intéresse peu les militaires mais devient la star de groupes dits spirituels ou technospirituels, sous l’œil prudent et œcuménique des différents couleurs religieux. Vadim connaît son heure de gloire avec les services secrets russes et américains qui lui promettent une nouvelle greffe corporelle. Il choisira son camp en fonction des programmes spatiaux des deux pays.

Un matin très tôt, les infirmiers et les militaires, affectés à la surveillance des chambres des survivants du Cluster, découvrent la disparition d’Olympe Lazarus et de Lena Martin. Les soldats sont consignés et condamnés à passer en cours martiale. Les caméras de sécurité montrent une équipe masquée de quatre personnes emmenant les deux femmes sur des tables roulantes. La police est lancée sur la piste des kidnappeurs, en vain. Driss Benmakhlouf, qui en a été informé, est convaincu qu’un des pays participant à l’opération s’est rendu coupable des enlèvements. L’aumônier militaire n’a pas tort. Décédée dans la nuit, Olympe Lazarus a été conduite dans un complexe secret où on espère pouvoir la ressusciter selon un protocole en attente d’un sujet sur lequel l’expérimenter. Après avoir exploré plusieurs pistes dont l’exploitation de l’Adn de la méduse[i] lune qui se régénère et « ressuscite », mais dont les résultats sur un mammifère n’ont pas été concluants, les neurochirurgiens vont utiliser la méthode de réactivation du système nerveux central, imprégné de mélanges chimiques, avec pour apothéose l’injection de cellules souches dans le cerveau[ii].  Lena, inconsciente des événements, a subi une opération délicate pour ajouter un nouvel implant cérébral court-circuitant le précédent. L’objectif de ses ravisseurs est qu’elle puisse accompagner Olympe Lazarus après la résurrection de cette dernière. Ce que les neurochirurgiens qui se sont occupés ignorent, c’est qu’une voix intérieure, semblable à celle de sa grand-mère Raïssa, ne cesse de tourmenter Lena: « Résiste, ne te laisse pas faire».

Rentrés en France, Royal Saint-Amant, Rava et Eléonore Gozzi ont été entendus par les services secrets, assistés de scientifiques de renom. Malgré la confidentialité requise dans le cadre de l’opération menée par le Kazakhstan et l’Otan sur le polygone de Semipalatinsk, Saint-Amant tient à écrire son article. Après d’âpres négociations, il obtient de pouvoir rédiger et publier son papier en coopération avec Alma, la journaliste kazakhe, après relecture par les services de l’Etat français et par ceux du Kazakhstan. Il tient à rendre hommage à l’étrange Rabichong en le présentant comme un lanceur d’alerte qui aura payé le prix fort. De passage chez lui, il va saluer l’inspecteur Luengo ravi d’avoir des anecdotes plus pittoresques et passionnantes que le rapport qu’il a reçu de sa hiérarchie. Avant de rejoindre Alma à Semeï, Royal envisage d’aller faire un tour en Transnistrie remercier les Tsiganes qui les ont aidés. Après avoir écouté avec un intérêt croissant Saint-Amant, Luengo, intéressé par la Moldavie et ses caves vinicoles souterraines, programme un séjour œnologique lors de ses prochaines vacances.

Désorientée après tant d’aventures et de transe spirituelle, Eléonore retrouve ses pénates sans grand enthousiasme. Elle repense à Alma, la journaliste, à Leonid et Alexandra ainsi qu’à la vieille du KGB et Luba sa petite-fille auxquels elle n’a pu dire au-revoir. Elle découvre que l’agence pour l’emploi lui propose un poste de formatrice en codage informatique, pour lequel elle n’a aucune compétence ni expérience. Après quelques jours de laisser-aller, Eléonore se plante devant son ordinateur et commence la rédaction d’un blog sur l’actualité des Balkans et de l’Asie centrale, essaimant ses articles factuels de souvenirs de voyage évocateurs. Deux mois plus tard, une société basée au Kazakhstan lui propose de rédiger des articles pour leurs différents sites internet. Après en avoir parlé avec un service des Affaires étrangères et vérifié leurs références, la jeune femme a accepté d'autant que de courts séjours sur place sont prévus afin de dresser le portrait de quelques personnalités locales ou nationales dans un cadre commercial et culturel franco-kazakh.

Rava a disparu. Il n’a pas été enlevé. Intéressé par l’opération conjointe menée par l’Otan, il a posé des questions considérées comme pertinentes par l’équipe qui l’a débriefé. Son profil a été étudié et évalué. On lui a proposé des formations destinées à le rendre opérationnel dans un premier temps pour de petites missions. Rava a accepté et est entré dans les affaires secrètes de l’Etat.

Quant à Nicolae Lazarus, l’oncle d’Olympe, le descendant d’Emma Wilson et de Roman Lazarus, il attend dans son caisson cryogénisé d’être un jour ramené à la vie.

Fin du roman "Un monde bancal" ©

Marie-Laure Tena - 23 mai 2018

[1] « Voici la croix du Seigneur ! Fuyez, puissances ennemies ! Le lion de la tribu de Juda, Le rejeton de David, a vaincu ! Alleluia ! Alleluia !» Saint Antoine de Padoue vécut au XIIIème siècle.

[1] Bluewin.ch – article du 14 mars 2016  - « Découverte d’une méduse immortelle : un espoir pour l’homme ?»

[1] Article du 12 mai 2016 « Et maintenant ils veulent ressusciter les morts » http://www.up-magazine.info/index.php/le-vivant/homme-augmente/5854-et-maintenant-ils-veulent-ressusciter-les-morts

 

Tag(s) : #"Un monde bancal©", #séraphin, #transhumanisme, #Kazakhstan, #paranormal, #angedefeu, #PrièredExorcisme, #Otan
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