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Le mouvement Génération identitaire a fait le buzz ce week-end lorsque certains de ses adhérents sont montés au col de l’Échelle dans les Hautes-Alpes pour bloquer la progression de migrants en direction de l’Europe et de la France en particulier (peu après ce sont des militants d’extrême-gauche qui sont venus aider la file de réfugiés, mais cette fois au col du Montgenèvre).

Génération identitaire a été créée à l’automne 2012 par Philipe Vardon, membre du FN dans le sud de la France et de l’équipe de la campagne présidentielle de Marie Le Pen en 2017. Battu aux législatives de 2017, il fait actuellement partie du bureau du Front National, après une adhésion d’abord refusée puis acceptée. Entre les années 2000 et 2018, Philippe Vardon est responsable de mouvements identitaires comme le « Bloc identitaire » qu’il quitte en 2013.

Génération identitaire se présente comme un mouvement de résistance face à l’afflux de migrants et contre « le grand remplacement », c’est-à-dire la thèse qui considère qu’il y a une volonté politique de remplacer le peuple européen ou la culture occidentale par l’arrivée massive de migrants d’Afrique et du Moyen-Orient, majoritairement de confession musulmane. Pour ses membres, pas de vivre ensemble ou de cosmopolitisme, pas d’islam, pas d’immigration.

Il y aurait entre 1 000 et 2 000 adhérents,  même s’ils se revendiquent 3 000. La plupart sont français, viennent  à l’occasion d’autres pays européens, et sont issus de classes sociales différentes. L’âge des membres se situe aux alentours des

20/30 ans. D’après les sources citées, Génération identitaire est financée par ses membres, par des donations et par des mouvements suprémacistes blancs étrangers dont sans doute le KKK (mouvement américain).

Génération identitaire travaille son image, refusant d’être amalgamée, du moins médiatiquement, à un mouvement néo-nazi. Leur site présente des objectifs ou des revendications « entendables » par une frange de la population française. Le mouvement lance régulièrement des opérations médiatiques comme le reflux d’un bateau de migrants ou l’irruption sur un chantier de BTP.

Notons que l’arrivée de migrants ou réfugiés peut paraître déstabilisante ou anxiogène avec la crainte de voir s’installer en France des délinquants, des criminels voire des terroristes, ou encore des profiteurs du système de solidarité, sans compter d'éventuelles maladies. Oui, dans tout groupe, il y a une minorité d’exploiteurs et de malfaiteurs. Mais devons-nous renvoyer ces personnes dans leur pays quand elles risquent la mort ou la torture, comme cela vient de se passer au Soudan il y a quelques jours ? Certes, les migrants économiques ne relèvent pas de la même démarche. Mais pour les réfugiés, comment l’Histoire jugera l’Europe et la France dans quelques décennies ? Quand il le fallait et malgré des réticences, nous avons accueilli, alors qu'ils fuyaient la guerre ou la répression,  les Espagnols, les Italiens, les Pieds-Noirs, les Harkis, des Serbes, des Croates, des Kosovars, parfois dans des camps, parfois dans des bidonvilles et plus souvent avec un emploi et un logement. Nous sommes nombreux en France à venir d’ailleurs ou à descendre de migrants.

Aujourd’hui, la confusion entre l’Islam qui est une religion comme une autre et l’islamisme, vent debout contre la laïcité, qui conduit à la violence et la négation de l’altérité et de ses droits, pose problème. Et il est vrai qu’en accueillant un migrant ou un réfugié, on ne peut pas deviner si sa pratique confessionnelle relève d’une religion classique ou d’un mouvement terroriste ou du moins intégriste.

Il devient impératif pour les pouvoirs publics d’élaborer des programmes de gestion des migrants ou réfugiés et d’en faire la pédagogie rapidement, sans avoir peur constamment de « l’amalgame ». Il est également nécessaire de rappeler les fondamentaux républicains et historiques de la France tout le long de la scolarité des jeunes français et de les transmettre aux nouveaux arrivants. Ne laissons pas des mouvements crispés s’approprier l’histoire de France, l’accueil ou le refus, l’asile ou la mort, et posons nos valeurs de générosité et de pragmatisme (et non de naïveté ou de défiance) dans un cadre républicain clairement identifié et diffusé, la pédagogie étant l’art de la répétition.

Marie-Laure Tena – 24 avril 2018

Sources : generationidentitaire.org -  europe1.fr – francetvinfo.fr – rtbf.be (reprenant un article du New-York Times)

photo humoristique trouvée sur Twitter

Jacques Toubon, Médiateur, 24 avril 2018  "Nous sommes par rapport au nombre d'habitants, le 16ème pays en Europe à accueillir des migrants ! Nous ne sommes pas du tout dans la situation d'être submergés !".

Tag(s) : #actualités, #génération identitaire, #migrants, #réfugiés, #islamisme

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